Crédit : Jérémie Gauthier-Caron

La jeunesse québécoise a encore une fois montré le chemin. Dans ce qui a été la plus grande manifestation de l’histoire du Québec, qui compte pourtant sur une riche tradition de manifestations de masse, 500 000 personnes sont descendues dans les rues pour manifester contre la crise climatique. À Vancouver, 100 000 personnes ont pris la rue. À Toronto, c’est 75 000 personnes qui se sont rassemblées à Queen’s Park. Au total, 7,6 millions de personnes étaient dans la rue les 20 et 27 septembre partout dans le monde. Plus personne ne peut ignorer ce soulèvement sans précédent.

Sous la pression du mouvement de masse, plusieurs administrations universitaires et collégiales québécoises avaient levé les cours plutôt que d’avoir à faire face à une grève. Même la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a annulé les cours pour la journée, ce qui a permis aux jeunes du secondaire et du primaire de remplir les rues. Ce mouvement détient un potentiel révolutionnaire extraordinaire : c’est toute une génération qui a déjà participé à un mouvement de masse avant l’âge de 18 ans. De plus, la marche pour le climat était soutenue par les centrales syndicales et certains syndicats locaux étaient même en grève pour l’occasion, notamment des syndicats de professeurs de cégep.

Devant la mobilisation historique pour le climat depuis plus d’un an, les politiciens capitalistes tentent de sauter dans le train et de se présenter comme des défenseurs de l’environnement par des gestes vides et hypocrites. Le matin du 27 septembre, François Legault a publié une lettre à la jeunesse québécoise dans laquelle il dit avoir entendu son « cri du cœur ». Quelques jours auparavant, il annonçait qu’il serait plus conciliant avec les grands émetteurs de gaz à effet de serre. Il a même appuyé la motion présentée par Québec solidaire déclarant « l’urgence climatique » – un geste qui, bien sûr, ne l’engage à rien. Justin Trudeau, qui a acheté l’oléoduc Trans Mountain pour 4,5 milliards de dollars aux frais des contribuables, a aussi hypocritement participé à la marche. Les organisateurs de la marche, et c’est à leur honneur, ont dénoncé l’hypocrisie de Trudeau et ont également affirmé que le ministre de l’Environnement de la CAQ n’était pas le bienvenu à la manifestation. Si le mouvement doit aller de l’avant, il faut savoir distinguer qui sont les vrais responsables de la catastrophe. Les politiciens à la solde des grandes entreprises, qui sont les vraies responsables des changements climatiques, ne devraient effectivement avoir aucune place dans ce mouvement.

Comme la plupart des mouvements de masse, les revendications des participants sont très hétérogènes. Les pancartes dénonçant le capitalisme et appelant à changer « changer le système » côtoyaient les appels à ce que les politiciens au pouvoir « nous écoutent », tandis que d’autres invitaient à devenir végane ou à faire du vélo. Le programme devra nécessairement être clarifié. Dans ce processus, les socialistes vont défendre un programme révolutionnaire qui rompt avec le système capitaliste, responsable de la destruction environnementale. 

Pour cette raison, nous étions présents en force vendredi dernier. Notre contingent socialiste a réuni environ 60 personnes. Nous avions nos drapeaux rouges et nos bannières et pancartes où on pouvait lire : « Crise écologique, solution socialiste », « Revolutionary change, not climate change » ou encore « Le capitalisme détruit la planète, détruisons le capitalisme! » Nos slogans révolutionnaires ont été scandés avec enthousiasme tout le long de la marche et ont attiré de nouveaux visages qui étaient heureux de voir un groupe proposer une solution radicale à la crise climatique. La foule a particulièrement aimé chanter nos slogans contre Justin Trudeau comme « Trudeau, hypocrite, t’as pas ta place icitte! »

À l’heure des plus grandes mobilisations de l’histoire autour de la crise écologique, les jeunes doivent être armés des idées permettant de lutter adéquatement pour sauver la planète. Dans l’optique de poursuivre la discussion et de clarifier le programme nécessaire au mouvement contre la crise climatique, La Riposte socialiste organise une conférence le 16 octobre prochain sur le thème « Karl Marx et l’environnement » à l’Université de Montréal. Contrairement à certains préjugés, les écrits de Marx nous offrent des réflexions très profondes sur la question, même si la crise climatique n’était pas l’enjeu brûlant qu’il est aujourd’hui. Joignez-vous à nous pour en apprendre davantage! 

More photos from the climate strike! "Revolutionary change, not climate change!"

Posted by Socialist Fightback at Concordia and McGill on Sunday, September 29, 2019