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Il y a plus d’un an que les Gilets jaunes ont débuté leur mouvement contre Macron et son monde. Avec pour origine l’opposition à l’augmentation d’une taxe sur les carburants, ce mouvement a rapidement adopté des revendications politiques plus larges et a appelé au départ de Macron. La colère de la classe ouvrière française est plus grande aujourd’hui qu’il y a un an, comme en témoignent les mouvements et grèves qui se sont enchaînés depuis : les enseignantes, le personnel hospitalier, les étudiants, les pompiers, les cheminots et d’autres encore. Pourtant, Macron est toujours au pouvoir et son gouvernement jure aujourd’hui de poursuivre la destruction des conditions des travailleurs en s’attaquant maintenant aux régimes de retraite. Les mouvements ouvrier et étudiant doivent dresser le bilan de l’année qui s’est écoulée pour adopter les bons programme et stratégie dans la perspective de renverser Macron.

Les modes d’action privilégiés des Gilets jaunes ont été l’occupation des ronds-points et les manifestations en ville les samedis. Les rassemblements aux ronds-points ont permis l’émergence d’assemblées populaires locales avec pour culminement les « Assemblées des assemblées », des tentatives pour structurer le mouvement à l’échelle nationale. Les manifestations les samedis avaient pour but de faire entendre les revendications au gouvernement directement dans la rue. Ces manifestations ont suffi pour faire annuler la hausse de la taxe sur les carburants et obtenir de petites concessions. Mais elles n’ont pas mené au renversement du gouvernement de Macron. Qu’a-t-il manqué aux Gilets jaunes pour y arriver?

Sans une stratégie d’escalade des moyens de pression, le magnifique mouvement des gilets jaunes a fini par refluer. Ce qui a ultimement manqué, c’est la force de la classe ouvrière organisée exerçant sa puissance par la grève. Les manifestations du samedi, aussi spectaculaires qu’elles aient été, n’avaient pas l’impact qu’aurait eu une grève générale reconductible menée par les principaux secteurs de la classe ouvrière. Les grèves générales prolongées frappent directement dans les poches des patrons et des banquiers en paralysant l’économie. En plus, elles révèlent que ce sont les travailleurs qui font collectivement fonctionner la société, que le pouvoir économique réside en réalité dans la classe ouvrière. Les directions syndicales ont cependant tout fait en leur pouvoir pour empêcher cette éventualité. Ce sont elles qui portent la responsabilité du reflux du mouvement.

Cependant, sous la pression des attaques de Macron contre les retraites et de la colère des travailleurs, une grève a été annoncée pour le 5 décembre. Les syndicats de la SNCF (cheminots) et de la RATP (transports parisiens) souhaitent en faire le point de départ d’une grève reconductible. C’est un bon début. Cependant, si ces travailleurs demeurent isolés, Macron pourra soit leur faire des petites concessions, ou miser sur l’épuisement éventuel de la grève. C’est pourquoi il faut absolument que la grève reconductible soit étendue aux autres secteurs de la classe ouvrière. De plus le mot d’ordre ne doit pas se limiter à l’abandon de la réforme des retraites. Macron a un programme entier de contre-réformes, comme celle de l’assurance-chômage qui fait perdre à des centaines de milliers de gens leurs indemnisations. Il faut reprendre la revendication du départ de Macron. Son renversement ouvrirait la perspective d’un gouvernement des travailleurs.

La perspective de renverser Macron n’a rien d’utopique. Depuis le soulèvement des gilets jaunes, 2019 s’est transformée en une année de révolutions. Des manifestations et des grèves nationales ont poussé des dirigeants au départ en Algérie, au Soudan, au Liban, en Irak. À cela s’ajoutent les mouvements au Chili, en Équateur, en Colombie et ailleurs. Les travailleurs et les pauvres de France ont été les premiers à se soulever cette année. Un an plus tard, il est temps de finir le travail. C’est le plus beau cadeau d’anniversaire qui puisse être fait aux Gilets jaunes.