Sur les piquets de l’usine de Detroit-Hamtramck. Crédit : Michael Wayland / CNBC

Le 15 septembre dernier, près de 50 000 employés de General Motors, membres du syndicat United Auto Workers (UAW) sont entrés en grève partout aux États-Unis. Le syndicat des Teamsters, qui représente notamment les chauffeurs de camion, a affirmé qu’il allait respecter les piquets de grève. Il s’agit de la première grève chez GM en douze ans. Au moment de mettre sous presse, la grève entamait sa troisième semaine.

En 2018, les patrons de GM ont engrangé des profits de huit milliards de dollars, et le PDG de l’entreprise a gagné pas moins de 22 millions de dollars de rémunération. La vie est belle au sommet! De l’autre côté, plus tôt cette année, les patrons ont attaqué notre classe en coupant 6000 heures de travail et 15% de la force de travail. Le New York Times a également rapporté que les travailleurs embauchés avant 2007 sont payés 31$ l’heure et reçoivent une pension de retraite. Cependant, ceux qui ont été embauchés après cette date gagnent 17$ l’heure et peuvent monter jusqu’à 29$, mais seulement après huit ans. De plus, ils n’ont pas de pension traditionnelle, mais doivent plutôt épargner eux-mêmes pour leur retraite. Les travailleurs temporaires ne gagnent que 15$ l’heure et n’ont pas d’assurance dentaire et pour soins de la vue, sans parler de sécurité d’emploi.

Face à la dégradation des conditions d’emploi, l’humeur est à l’offensive. Les propos de Chaz Akers, membre des UAW au Michigan et employé de GM depuis trois ans et demi, en témoignent : « Je travaille juste à côté d’un employé temporaire qui est là depuis deux ans et demi. J’installe le phare du côté passager. Il installe le phare du côté du conducteur. J’ai une meilleure assurance-maladie que lui. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas correct. Si vous payez quelqu’un pour un travail, payez-les tous le même salaire. »

La grève chez General Motors est un autre exemple du réveil du mouvement ouvrier américain, après une longue période d’accalmie. En effet, cela s’inscrit dans une série de grèves ayant commencé avec la grève sauvage des 35 000 enseignantes et membres du personnel de soutien des écoles de la Virginie de l’Ouest en janvier 2018. Pour l’année 2018, le nombre de travailleurs impliqués dans une grève ou un lock-out a été à son plus haut depuis 1986. Selon la firme de sondage Gallup, l’opinion positive des syndicats est à son plus haut en 15 ans. 

Les travailleurs américains sont en train de renouer avec leur riche tradition de lutte. Au début de 2019, une simple menace de grève générale brandie par Sara Nelson, la présidente de l’Association des hôtesses de l’air, a mis fin au « shutdown » gouvernemental imposé par Donald Trump. Au début de l’année également, les enseignantes de la Virginie de l’Ouest sont retournées en grève pour protester contre les tentatives de privatiser l’éducation. La classe ouvrière américaine commence à s’étirer les muscles. Ce sont les signes précurseurs de la lutte de classe intense qui s’en vient.