Mardi le 28 mai dernier, le syndicat des dockers (débardeurs) du port de Marseille, affilié à la CGT (l’une des plus grandes centrales syndicales françaises), a publié une déclaration indiquant son refus de charger des armes saoudiennes à destination du Yémen. Ainsi, les travailleurs ont fièrement déclaré dans leur communiqué que « notre syndicat combat toutes les guerres du globe, nous nous battons contre l’impérialisme ». Ce geste de solidarité exemplaire fait suite à celui des débardeurs italiens, qui avaient également refusé de charger de l’équipement militaire sur un autre navire saoudien la semaine précédente. Le bateau avait alors dû quitter le port de Gênes sans sa cargaison. Bien que la présence d’armes sur le cargo ait été démentie par l’armateur, le syndicat a clairement signalé que les travailleurs français avaient la volonté de freiner les conflits impérialistes.

Pas moins de 60 000 personnes sont mortes dans la guerre civile qui fait rage au Yémen depuis 2014. La malnutrition a tué 90 000 enfants jusqu’à présent, et 24 millions de Yéménites, soit environ 80% de la population, auraient actuellement besoin d’aide humanitaire d’urgence. L’Arabie saoudite, à la tête de la coalition qui intervient dans ce conflit, bombarde le pays sans relâche et maintient un blocus qui aggrave la crise humanitaire au milieu de laquelle se trouve la grande majorité de la population, pendant que ses alliés (dont le Canada) maintiennent le silence sur ces atrocités. Ni l’ONU, ni aucun organisme humanitaire n’ont été capables de mettre fin à la barbarie qui frappe le pays. C’est seulement par des méthodes de lutte de classe qu’un coup fatal pourra être porté à cette guerre impérialiste. Lorsqu’elle est unie, la classe ouvrière détient un pouvoir colossal. Les débardeurs français et italiens nous en ont fait la brillante démonstration.

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