Un véhicule blindé léger 25 canadien marqué « C » pour opération au Yémen. Crédit : National Observer

Cet article a été publié le 22 avril dernier en anglais sur le site de Fightback.

Alors que la COVID-19 continue de se répandre dans le monde, il y a un secteur de l’économie canadienne qui a été épargné. L’industrie de l’armement, selon le gouvernement libéral, est considérée comme un service essentiel. Le 9 avril dernier, les représentants du gouvernement canadien ont annoncé qu’ils lèveraient le moratoire sur les nouveaux permis d’exportation de matériel militaire vers l’Arabie Saoudite. Cela inclut les véhicules blindés légers, qui ont fait l’objet d’un contrat de 15 milliards de dollars entre le Canada et l’Arabie saoudite en 2014.

Le moratoire avait été placé sur les nouveaux permis d’exportation après le meurtre non résolu du dissident saoudien et chroniqueur du Washington Post, Jamal Khashoggi, dans lequel le prince héritier d’Arabie Saoudite est impliqué. Suite au tollé international, Trudeau a été forcé d’imposer le moratoire et a déclaré que le gouvernement libéral cherchait à « sortir » de son contrat de 2014. Apparemment, il n’a pas réussi, car les livraisons d’armes ont continué même pendant le moratoire.

Néanmoins, le gouvernement libéral a pu donner l’impression d’avoir fait quelque chose. Aujourd’hui, cette illusion réconfortante a été brisée par l’émission de nouveaux permis d’exportation vers l’Arabie Saoudite pour les fabricants d’armes canadiens. Au lieu de réorienter l’industrie canadienne vers la production d’équipements de protection pour les travailleurs essentiels en temps de crise, le gouvernement libéral continue de produire et de vendre des armes à l’étranger. Il est clair que les libéraux veulent avant tout satisfaire la cupidité des fabricants d’armes.

Les crimes et l’hypocrisie de l’impérialisme canadien

Le 23 mars, le secrétaire général des Nations unies a publié un communiqué dans lequel il exhorte à cesser toute guerre à l’échelle internationale face à COVID-19. Cela a conduit à un « cessez-le-feu » déclaré par l’Arabie Saoudite et le gouvernement Houthi au Yémen. Une telle paix ne valait rien car depuis que le cessez-le-feu a été déclaré, la coalition saoudienne et les Houthis ont rompu la paix 241 fois, ce qui a aggravé le conflit davantage. 

Le gouvernement canadien a également publié une déclaration en faveur d’un cessez-le-feu mondial, ajoutant à la confusion de toutes les parties concernées. Il est bien connu que des armes canadiennes ont été utilisées au Yémen, malgré les promesses des représentants libéraux que les armes vendues ne seraient pas utilisées dans le conflit. Des dizaines de photos en ligne en témoignent. Il semble qu’il y ait deux gouvernements libéraux : l’un qui recherche la paix et la coopération internationale, et l’autre qui cherche à tirer profit de la guerre en vendant des armes pour soutenir des dictatures à l’échelle internationale. 

La guerre au Yémen a été l’une des pires de l’histoire moderne. Elle a tué plus de 100 000 personnes et condamné des millions de Yéménites à la famine. Les infrastructures de santé ont également été détruites au cours des combats, ce qui a entraîné des épidémies de rougeole, de choléra, de diphtérie et de dengue. Ce n’est pas un accident, car la coalition saoudienne a délibérément ciblé les établissements de santé. Depuis 2015, la moitié des établissements de santé du Yémen ont fermé leurs portes. Les médecins ont été ciblés, kidnappés et torturés. Bien des organisations considèrent à juste titre le conflit au Yémen comme un génocide en cours. Alors que le premier cas de COVID-19 a été signalé au Yémen au milieu des combats, il est maintenant clair qu’une pandémie d’une ampleur effroyable dans le pays se prépare. Ayant pactisé avec les responsables du conflit au Yémen, les libéraux ont du sang sur les mains. 

Les profits avant la santé

La poursuite du contrat de vente d’armes, signé en 2014, a été l’un des premiers actes du gouvernement libéral à son entrée en fonction. Malgré le fait que le gouvernement se présente comme un gardien international de la paix, le gouvernement libéral demeure un fidèle représentant des grandes entreprises au Canada. Cela inclut les fabricants d’armes du pays, qui ont massivement profité de l’accord de 15 milliards de dollars avec l’Arabie Saoudite.

L’Arabie Saoudite est l’un des pays les plus arriérés au monde. Les femmes, les travailleurs migrants et les enfants sont régulièrement maltraités par l’État. La guerre au Yémen et le blocus alimentaire et de biens de première nécessité tels que les médicaments ont conduit à la pire famine de l’histoire moderne, avec 8 millions de personnes affamées et 22 millions de personnes ayant besoin d’une aide immédiate. 

L’appui du gouvernement libéral à un tel régime révèle de plus en plus que le profit est la seule chose qui l’intéresse. Au lieu de nationaliser puis de réoutiller les fabricants pour construire des ventilateurs, des équipements de protection pour les travailleurs et d’autres biens essentiels à la vie, le gouvernement libéral montre à tout le monde quelle est la priorité : les profits pour l’industrie de la mort. Rien de surprenant venant d’un parti qui si habitué à soutenir les grandes entreprises plutôt que les travailleurs, tant au Canada qu’à l’étranger.