Juan Guaidó et Justin Trudeau. Crédit : La presse canadienne/Justin Tang

Hier soir, Justin Trudeau a eu l’honneur de recevoir le grand démocrate vénézuélien, Juan Guaidó. Après s’être fait rejeter par la population de son propre pays et avoir échoué son coup d’État, Juan Guaidó fait actuellement le tour du monde pour quêter un nouveau coup d’État auprès des dirigeants des grandes puissances. Après avoir rencontré Boris Johnson, Emmanuel Macron et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, l’énergumène qui s’est déclaré président du Venezuela l’an dernier s’est entretenu avec le premier ministre canadien et avec le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Guaidó, pour ceux qui ont déjà oublié l’existence de ce pathétique personnage, s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019, lors d’une manifestation contre le président Nicolas Maduro. Le gouvernement canadien, tout comme le reste des alliés des États-Unis, avait immédiatement reconnu cet arriviste jusqu’alors à peu près inconnu.

Lors de la rencontre d’hier, les deux grands démocrates Trudeau et Guaidó ont parlé démocratie : le putschiste raté a expliqué au premier ministre élu avec à peine 22% des voix qu’il fallait se débarrasser du président démocratiquement élu du Venezuela afin de restaurer la… démocratie! Le ministre Champagne en est venu à la brillante conclusion que l’avenir au Venezuela serait garanti par des élections « libres et démocratiques » sous observation internationale. Évidemment, il a oublié de mentionner que Maduro lui-même a été élu lors d’élections où des « observateurs internationaux » n’ont pu détecter aucune irrégularité, avec des suffrages plus élevés que Trudeau, qui plus est. Selon les critères de Champagne, Trudeau mériterait aussi qu’un inconnu se proclame premier ministre ici. À qui la chance?

Le détail des discussions n’a pas été révélé. Après avoir parlé de la répression terrible au Venezuela, Guaidó a-t-il fait la leçon à Justin Trudeau pour la répression de la nation Wet’suwet’en de Colombie-Britannique par la GRC? Ou lui a-t-il parlé de l’importance de respecter le droit constitutionnel à la négociation libre des travailleurs de la raffinerie Co-op à Regina?

Alors que Trudeau était bien content de jaser de démocratie avec Guaidó, il n’a pas voulu accueillir Carles Puigdemont au Canada. Alors que Guaidó fait l’objet d’une interdiction de sortir de son pays en raison de sa tentative l’an dernier de renverser le gouvernement par la force, il a pu entrer au pays sans problème. L’ancien président de la Catalogne, lui, s’est fait interdire l’entrée au Canada deux fois l’an dernier. C’est que voyez-vous, Puigdemont n’est pas un gentil démocrate comme notre putschiste vénézuélien, mais un dangereux séditieux accusé du crime d’avoir organisé… un référendum!

Un misérable inconnu se déclare président? Pas de problème. L’État espagnol interdit à une minorité nationale de s’autodéterminer? Tout va bien. Chez les Trudeau et Guaidó de ce monde, la démocratie, c’est quand les riches et puissants contrôlent le gouvernement, et la dictature, c’est quand des élections ne font pas leur affaire.

Au moment de mettre sous presse, nous n’avions toujours pas de confirmation si Trudeau allait rencontrer le roi Denys Ier  du Royaume de L’Anse Saint-Jean.