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Révolution et contre-révolution en Libye

La vague révolutionnaire qui a déferlé à travers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, renversant ou ébranlant les régimes en place, a été vécue comme une catastrophe par les puissances impérialistes. Et pour cause. La stabilité de ces dictatures était d’une importance stratégique vitale pour l’impérialisme. Elles servaient à terroriser les masses du monde arabe. Elles facilitaient l’exploitation des travailleurs et le pillage des ressources de la région. Il en était de même en Libye, où, à l’origine, le soulèvement du 19 février à Benghazi était une extension des révolutions en Egypte et en Tunisie. Cependant, le cours ultérieur des événements a vu la révolution libyenne détournée au profit des objectifs stratégiques des puissances impérialistes.

L’impossible « exception marocaine »

Cet article a été écrit fin avril.

Depuis le début de l’année, les hommes politiques et observateurs bourgeois célèbrent « l’exception marocaine ». Ils affirment que le Maroc ne connaîtra pas de scénario « à la tunisienne ». Comprenez : c’est un pays réformateur et progressiste ; tous les marocains adorent le roi ; l’économie avance – et ainsi de suite. Pourtant, il y a près de 10 % de chômeurs (officiellement). 15% de la population vit sous le seuil de pauvreté. L’analphabétisme frappe 60 % des Marocains.

Les objectifs de l’intervention impérialiste en Libye

La résolution 1973 des Nations Unies est, de facto, une déclaration de guerre contre le régime de Kadhafi. Dans le langage hypocrite et mensonger des grandes puissances qui contrôlent l’ONU, cette nouvelle intervention militaire serait motivée par des considérations démocratiques et humanitaires. Comme lors des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, il s’agirait de « protéger des civils », de promouvoir la « démocratie » et ainsi de suite. En réalité, cette résolution de l’ONU – comme toutes ses décisions, sans exception – vise à défendre les intérêts économiques et stratégiques des grandes puissances impérialistes.

Solidarité avec les victimes de la répression !

Nous publions ci-dessous un appel de nos camarades marocains de la Ligue d’Action Communiste.

Lors des mobilisations des masses populaires du Maroc, le 20 février dernier, dans les rues de tout le territoire national et du Sahara Occidental, pour protester contre le despotisme et l’oppression, l’appareil répressif royal, avec ses différents contingents, a organisé une campagne féroce de répression à l’encontre des manifestants. Il a utilisé des hélicoptères, des matraques, des gaz lacrymogènes, des balles en plastiques et des balles réelles, ainsi que des voitures de police fonçant de plein fouet contre les manifestants. Une campagne d’arrestations arbitraires, d’irruption dans les domiciles et de pillage des biens a été menée, en parallèle. Cette répression féroce s’est poursuivie le lendemain, faisant encore plus de victimes. Au moins neuf personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées. Il y a eu un nombre indéterminé d’arrestations.

Le soulèvement révolutionnaire en Libye

Nous publions ci-dessous un article de nos camarades vénézuéliens, organisés autour du journal Lucha de Clases, sur le mouvement révolutionnaire en Libye. C’est une bonne réponse à la confusion qui règne, dans une partie de la gauche latino-américaine, sur la nature du régime libyen, la nature de ce soulèvement populaire et le rôle des impérialistes.

L’insurrection du peuple libyen a été perçue de différentes façons, au niveau international. En Amérique latine, en particulier, il y a une certaine confusion sur ce qui se passe dans le pays. Certains médias présentent le régime de Kadhafi comme un gouvernement révolutionnaire confronté à une rébellion orchestrée par l’impérialisme. Il n’en est rien. Ce qui se passe en Libye est comparable au Caracazo du 27 février 1989, au Venezuela.


Nous publions ci-dessous un article de nos camarades vénézuéliens, organisés autour du journal Lucha de Clases, sur le mouvement révolutionnaire en Libye. C’est une bonne réponse à la confusion qui règne, dans une partie de la gauche latino-américaine, sur la nature du régime libyen, la nature de ce soulèvement populaire et le rôle des impérialistes.

L’insurrection du peuple libyen a été perçue de différentes façons, au niveau international. En Amérique latine, en particulier, il y a une certaine confusion sur ce qui se passe dans le pays. Certains médias présentent le régime de Kadhafi comme un gouvernement révolutionnaire confronté à une rébellion orchestrée par l’impérialisme. Il n’en est rien. Ce qui se passe en Libye est comparable au Caracazo du 27 février 1989, au Venezuela.

La nature du régime de Kadhafi

Le régime de Kadhafi a signé toute une série d’accords avec Berlusconi, Sarkozy, Zapatero et Blair. Il a également reçu le roi Juan Carlos. En 1993-94, Kadhafi a introduit les premières mesures d’un tournant économique en direction d’une ouverture à l’économie de marché. Ce processus s’est particulièrement accéléré à partir de 2003. Sur la base des privatisations et de l’ouverture aux investissements étrangers, le régime a commencé à se réconcilier avec les impérialistes.

En septembre 2003, l’ONU a levé toutes les sanctions économiques contre la Libye, en échange d’un paquet économique prévoyant la privatisation de 360 entreprises d’Etat. En 2006, la Libye a demandé à intégrer l’OMC. En 2008, Condoleezza Rice – alors secrétaire d’Etat américaine – déclarait que la Libye et les Etats-Unis avaient des objectifs communs concernant « la lutte contre le terrorisme, le commerce, la prolifération nucléaire, l’Afrique, les droits de l’homme et la démocratie. »

Toutes les grandes multinationales du secteur pétrolier opèrent en Libye : British Petroleum, Exxon Mobil, Total, Repsol – entre autres. De même, Kadhafi possède 5 % des actions de FIAT, en échange de l’ouverture du pays aux investisseurs italiens.

Ce qui précède suffit à montrer que le régime libyen est beaucoup plus proche des intérêts capitalistes et impérialistes que des intérêts du peuple. Comme l’a expliqué le député du PSUV Adel el Zabayar, qui est d’origine arabe : « Kadhafi n’est plus un dirigeant anti-impérialiste ; il répond par des massacres à l’authentique clameur du peuple. »

Le caractère du soulèvement libyen

Ce soulèvement a les mêmes causes fondamentales que les révolutions en Tunisie et en Egypte. L’ouverture de l’économie libyenne aux intérêts impérialistes s’est traduite par un désastre social pour la majorité de la population, malgré les richesses pétrolières du pays. Il y a 30 % de chômeurs, dans le pays, et le coût de la vie n’a cessé d’augmenter. Ces trois dernières années, le prix du sucre, du riz et de la farine a bondi de 85 %. Telles sont les causes fondamentales du soulèvement populaire – en même temps que la corruption endémique et l’absence de démocratie. C’est la raison pour laquelle Kadhafi a soutenu Ben Ali et Moubarak contre les soulèvements révolutionnaires en Egypte et en Tunisie.

Face au mouvement révolutionnaire libyen, Kadhafi a répondu par la répression brutale. Il a mobilisé l’armée contre des manifestants désarmés. Il a également recouru à des mercenaires, ce qui prouve qu’il n’a pas confiance en ses propres soldats. A Benghazi, puis dans d’autres villes, l’armée a rallié le peuple. En réponse, Kadhafi n’a pas hésité à utiliser les forces aériennes, qui ont bombardé des quartiers et des manifestations.

Bien sûr, dans cette situation, les impérialistes vont s’efforcer de sauvegarder leurs intérêts. Nous nous opposons à toute intervention militaire impérialiste en Libye. Ce sont ces mêmes puissances impérialistes qui ont vendu des armes au régime de Kadhafi et qui ont exploité les ressources pétrolières du pays. L’impérialisme ne s’intéresse pas au sort du peuple libyen. Il ne s’intéresse qu’aux ressources naturelles du pays.

Lucha de Clases, collectif de travailleurs et de jeunes marxistes au sein du PSUV, affirme sa solidarité avec les révolutions dans le monde arabe. Nous condamnons la répression du peuple libyen. Nous rejetons toute tentative de travestir le caractère révolutionnaire de l’insurrection libyenne, qui a été préparée par des années d’exploitation, de politiques de privatisations et de pillage impérialiste. Les travailleurs du monde entier – et en particulier du Venezuela – doivent soutenir la révolution arabe, qui ne pourra être victorieuse que comme révolution socialiste.

Vive les révolutions en Tunisie, en Egypte et en Libye !