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L'Italie au seuil de grandes luttes sociales

Nous avons souvent dit, ces dernières années, que si les travailleurs d’Europe voulaient connaître leur propre avenir, ils devaient regarder en direction de l’Amérique latine et de la vague révolutionnaire qui balaye ce continent. Aujourd’hui, le choc économique et social de la crise renforce et rapproche cette perspective. Et parmi les pays candidats à une explosion de la lutte des classes, l’Italie figure en bonne position – aux côtés de la France et de la Grèce.

La crise de l’industrie italienne est d’une gravité sans précédent. Un seul chiffre suffit à illustrer le désastre : sur l’année 2008, quelque 900 000 emplois ont été supprimés, en particulier parmi les travailleurs précaires. Le chômage partiel a été imposé, pendant 10 à 15 semaines, à plusieurs millions de travailleurs, qui ont été sommés de survivre avec 600 à 700 euros par mois.

Le groupe automobile FIAT, qui compte pour 12% du PIB italien, a licencié 58 000 salariés. Deux de ses cinq unités de production, dans le pays, sont menacées de fermeture : à Pomigliano d’Arco, dans la province de Naples, et à Termini Imerese, en Sicile. Malgré les 3 milliards d’euros de profits réalisés par FIAT, en 2008, les patrons refusent de dépenser un seul euro dans la sécurisation des emplois et des salaires. Pire : tout en prenant des mesures de chômage partiel, la direction de FIAT impose des heures supplémentaires aux salariés qui – pour le moment – restent en poste.

L'impact de la crise économique en Espagne

L’Espagne est l’un des pays européens les plus touchés par la crise. Il y a à peine quelques mois, le gouvernement Zapatero refusait de parler de crise. Aujourd’hui, l’économie espagnole est officiellement en récession, et la sortie de ce sombre tunnel n’est pas seulement lointaine : elle n’est pas distinguable.

La flambée du chômage illustre cette situation. Les chiffres de 2008 étaient mauvais ; ceux du début de l’année 2009 sont catastrophiques. D’après l’EPA (Enquête de Population Active), il y avait 3,2 millions de chômeurs en 2008, soit 1,2 million de plus qu’en 2007. Pour des milliers de familles, les fêtes de Noël 2008 furent très amères : la moitié de ces 1,2 million de salariés ont perdu leur emploi au cours du dernier trimestre 2008. Or, sur le seul mois de janvier, 200 000 emplois ont été supprimés ! C’est le plus mauvais chiffre jamais enregistré. Ces chiffres sont dramatiques pour des milliers de foyers espagnols, surtout lorsqu’on sait que 827 200 foyers ne reçoivent ni salaire, ni aide ou allocation de l’Etat.

Grève à Lindsey : la presse « jaune » à l’œuvre

Les syndicalistes britanniques sont habitués à l’hostilité des médias. Les travailleurs en grève sont constamment présentés comme des « preneurs d’otages » et des saboteurs de l’économie nationale. L’objectif de cette propagande est d’isoler et de démoraliser les grévistes. Les ouvriers du bâtiment travaillant sur le site de la raffinerie pétrolière de Lindsey ne pouvaient donc pas compter sur le soutien de la presse « jaune », dans leur lutte pour défendre leur convention collective et leurs conditions de travail. Mais cette fois-ci, les tabloïds à scandale et les chaînes de télévision sont descendus plus bas que jamais, dans la manipulation de l’opinion publique. En effet, ils ont sciemment cherché à présenter la grève comme ayant une connotation raciste, comme une lutte contre des travailleurs étrangers et pour la défense des emplois « britanniques ».

La guerre dans le Caucase

Le 7 août, les forces armées de la République de Géorgie ont envahi l’Ossétie du Sud. Cependant, les forces géorgiennes n’ont pas réussi à prendre la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali, et n’ont pas réussi à sécuriser ne fût-ce qu’une partie du territoire aux alentours. Dès le lendemain matin, l’armée russe est intervenue à son tour. En l’espace de 48 heures, elle a repoussé l’armée géorgienne hors d’Ossétie du Sud – la poursuivant, sur terre et dans les airs, jusqu’à Gori, en territoire géorgien.