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Economie américaine : une récession en perspective

La Riposte a souvent attiré l’attention de ses lecteurs sur l’évolution de l’économie américaine, dont l’importance en fait un facteur majeur dans les perspectives économiques pour l’Europe et la France. Dans un texte publié en 2006, nous écrivions : « Le PIB des Etats-Unis, qui représente 39 % de la production mondiale, a crû de 3 % en 2003, puis de 4,4 % en 2004. Son taux de croissance se situera aux alentours de 3,4 % en 2005. Cependant, cette croissance repose essentiellement sur la spéculation immobilière et la consommation des ménages – qui reposent, à leur tour, sur une expansion massive du crédit. Le recours au crédit, aux Etats-Unis, a atteint des proportions absolument colossales. En mars 2005, la dette totale de l’administration, des entreprises, du secteur financier et des ménages américains s’élevait à 40 000 milliards de dollars ! Cette somme représente 137 000 dollars pour chaque homme, femme et enfant américains. L’endettement des ménages s’élève à 10 300 milliards de dollars, soit en moyenne 103 % des revenus annuels des ménages. La seule dette fédérale – toujours en mars 2005 – était de 7 600 milliards de dollars. Le taux d’endettement ne cesse de croître, et ce à un rythme bien supérieur à la croissance de l’économie. Globalement, pour chaque dollar emprunté, la richesse créée n’est que de 23 cents.

Chaos du marché « libre » ou planification socialiste

La nationalisation et la planification de l’économie sont au cœur du programme que défend La Riposte. Les apologues de l’économie capitaliste vantent le marché « libre » et fustigent la planification. Mais en réalité, les capitalistes ne sont nullement contre la planification. Tous les salariés le savent. Dans les entreprises – de l’usine industrielle jusqu’aux boutiques de prêt-à-porter –, le travail est planifié jusqu’aux moindres détails. « Le temps, c’est de l’argent », disent les patrons. Pour extraire un maximum de profit de chaque heure de travail, les règles et procédures en vigueur sont constamment revues et corrigées. Pour parvenir à une coordination aussi parfaite que possible des différentes opérations de production, les capitalistes utilisent tous les moyens techniques disponibles et les méthodes éprouvées de « gestion des ressources humaines » – fondées essentiellement sur l’intimidation. Quand vous passez en caisse, dans un magasin, un système informatique enregistre le type de produit que vous achetez et ordonne son remplacement automatique à partir des stocks – qui peuvent se trouver de l’autre côté de la France ou du monde – en tenant compte de la courbe probable de la demande future pour le produit en question. Par exemple, une quantité donnée de robes d’été ne sera que partiellement remplacée dans les rayons, à l’approche de l’automne. Les capitalistes planifient à outrance pour augmenter le taux d’exploitation des salariés, réduire les coûts salariaux et maximiser les profits.

Libre-échange et Protectionnisme

Dans les pays industrialisés, pendant que les grands groupes industriels et financiers enregistrent des bénéfices records, les ravages du capitalisme se font sentir, on assiste au démantèlement des services publics, à la remise en cause des acquis sociaux et à la généralisation de la précarité. Dans les pays moins développés la vie tourne à un véritable cauchemar pour les peuples, victimes d’une double oppression : celle des grandes puissances et celle, non moins rapace, exercée par leurs "propres" classes dirigeantes.

Dans ce contexte, le développement de l’association ATTAC n’est pas difficile à expliquer. Les différentes initiatives et publications de cette association mettent en évidence l’ampleur de la spéculation financière à l’échelle internationale, condamnent les effets dévastateurs du comportement des groupes industriels et financiers, et soulignent l’implication cynique des intérêts capitalistes dans les guerres terribles qui sévissent à travers le monde. Le ton critique et indigné d’ATTAC contraste nettement avec la complaisance résignée des directions des partis de gauche.

Mythes et réalités de la "croissance économique"

L’économie française est en pleine croissance ! Dans la presse, à la télévision, dans les discours des hommes politiques et les analyses des "experts", le message est partout le même.

Pour le gouvernement et les dirigeants du Parti Socialiste, il est d’autant plus important de vanter le redémarrage de l’économie que celui-ci tend à justifier leur ralliement à l’économie de marché. Pourquoi remettre en cause le capitalisme, puisque celui-ci a "retrouvé la croissance" ?

Premièrement, il convient de souligner l’importance toute relative de cette "embellie" que l’on nous annonce à cor et à cri comme une merveilleuse nouvelle. Il est vrai que la croissance du PIB s’accélère depuis à peu près un an. Toujours est-il que le taux de croissance annuel pour 1999 sera nettement inférieur (2,4% contre 3,1%) à celui de 1998 ! Pire encore, les prévisions les plus optimistes pour l’évolution du PIB en l’an 2000 ne dépassent pas la barre de 2,8%, et restent par conséquent en dessous de la performance de 1998.