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Trois conceptions de la révolution russe

La révolution de 1905 ne fut pas seulement la « répétition générale » de celle de 1917, mais se trouva être aussi le laboratoire où s’élaborèrent tous les groupements fondamentaux de la pensée politique russe et où se formèrent et se dessinèrent toutes les tendances et nuances à l’intérieur du marxisme russe. Au centre des disputes et des désaccords se trouvait, cela va de soi, la question du caractère historique de la révolution russe et des voies ultérieures de son développement.

En soi, cette lutte des conceptions et des pronostics ne concerne pas directement la biographie de Staline, qui n’y prit aucune part indépendante. Les quelques articles de propagande écrits par lui sur ce thème ne présentent pas le moindre intérêt théorique. Des dizaines de bolcheviks, la plume à la main, popularisèrent les mêmes idées, et le firent bien mieux que lui. Un exposé critique de la conception que le bolchevisme se faisait du déroulement de la révolution doit naturellement entrer dans la biographie de Lénine. Pourtant, les théories ont leur sort. Si, dans la période de la première révolution et plus tard, jusqu’en 1923, lorsque les doctrines révolutionnaires s’élaboraient et étaient mises à exécution, Staline n’occupait aucune position indépendante, à partir de 1924 la situation changea brusquement. Une période de réaction bureaucratique et de révision radicale du passé s’ouvre alors. Le film de la révolution se déroule à l’envers. Les anciennes doctrines sont soumises à une nouvelle appréciation ou à une nouvelle interprétation. De façon tout à fait inattendue, à première vue, au centre de l’attention vient ainsi se placer la conception de la « révolution permanente », source première de tous les égarements du « trotskysme ».

La Commune de Paris, 1871

La Commune de 1871 fut l’un des plus grands épisodes de l’histoire de la classe ouvrière française. Au cours d’un mouvement révolutionnaire d’une portée jusqu’alors inconnue, l’Etat capitaliste a été remplacé par les organes de gouvernement des travailleurs. Les travailleurs parisiens ont tenu le pouvoir pendant dix semaines, entre le soulèvement du 18 mars et la défaite sanglante de la dernière semaine de mai. Dans des circonstances extrêmement difficiles, ils se sont efforcés de mettre un terme à l’exploitation, à l’oppression, et de réorganiser la société sur des bases entièrement nouvelles. Les leçons de ces événements sont d’une importance fondamentale pour le mouvement ouvrier contemporain et pour tous ceux qui, en France ou ailleurs, aspirent à changer la société.

La révolution iranienne de 1979

Cette année marque le 30e anniversaire de la révolution iranienne de 1979. Si l’on en croit la plupart des médias, la force motrice de cette révolution fut le clergé chiite, et singulièrement l’Ayatollah Khomeini. Cette légende passe sous silence le rôle déterminant de la classe ouvrière iranienne, dont la mobilisation massive fut la colonne vertébrale de la révolution, et sans laquelle Khomeini n’aurait jamais pu rentrer de son exil en France.

Ceci étant dit, comment se fait-il qu’une révolution ouvrière ait débouché sur le régime des Mollahs, tout aussi dictatorial et oppressif – si ce n’est plus – que la monarchie du Shah à laquelle il succéda ? Tâchons de répondre à cette question, que l’histoire « officielle » ne se pose même pas.

La barbarie, la civilisation et la conception marxiste de l'histoire

La barbarie, la civilisation et la conception marxiste de l’histoire
Henry Ford aurait dit que « l’histoire est un tas d’absurdités » - autrement dit un non-sens. C’est une façon peu élégante de formuler une idée qui a gagné du terrain au cours de ces dernières années. L’illustre fondateur de l’entreprise automobile a par la suite affiné sa définition : « l’histoire n’est qu’une foutue chose après l’autre », corrigeait-il. C’est un point de vue.

La même idée, tout aussi fausse, est exprimée de manière plus subtile par les amateurs d’une certaine philosophie post-moderne à laquelle beaucoup de gens prêtent attention. En réalité, il ne s’agit pas d’une idée récente. Le grand historien Edward Gibbon, auteur du Déclin et chute de l’Empire romain, écrivait que l’histoire n’est rien de plus que « le registre des crimes, des folies et des infortunes de l’homme. »