
Le gouvernement canadien est en pourparlers avec l’administration Trump pour participer à un programme conjoint de « défense » antimissile nouvellement élargi. Alors que les libéraux affirment publiquement vouloir « tenir tête » à Trump, ils sont heureux de collaborer avec ce dernier pour installer des missiles et des radars américains sur le sol canadien.
La nouvelle a été révélée lorsque le sénateur américain Jack Reed a laissé entendre, lors d’une audition au Sénat, que les États-Unis étaient en pourparlers avec le Canada en vue de participer à une version élargie du programme de défense contre les missiles balistiques. Cette information a ensuite été confirmée par le ministre libéral de la Défense, Bill Blair, au Globe and Mail, qui a déclaré : « Un système intégré de défense antimissile pour l’ensemble de l’Amérique du Nord est la solution la plus logique pour tout le monde. »
Le Dôme doré de Trump
Le 27 janvier, le président Trump a signé un décret visant à étendre massivement le programme de « défense antimissiles balistiques » (BMD) des États-Unis. Ce programme a été initialement conçu pour tirer des missiles, guidés par des satellites, afin d’intercepter les missiles balistiques entrants.
Cependant, conformément au principe trumpien de « la paix par la force », le nouveau « dôme de fer pour l’Amérique » – ensuite renommé Dôme doré – servira aussi à tirer des missiles de façon préventive.
Le décret détaille les mesures prises pour « mettre en échec les attaques de missiles avant leur lancement », autrement dit pour attaquer en premier. Le décret stipule également que le programme de missiles sera prêt à « défendre les troupes américaines déployées à l’étranger ». Étant donné que les États-Unis ont des troupes dans 178 des 195 pays du monde, il pourrait s’agir d’une expansion massive.
De plus, si les États-Unis ne peuvent pas attaquer en premier, le décret prévoit de renforcer massivement leur capacité en matière de missiles de « deuxième frappe » et celle de leurs alliés.
Tout cela s’inscrit dans le contexte du projet de Trump de créer une « forteresse Amérique ».
Le gouvernement canadien capitule devant l’impérialisme américain
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Canada est un partenaire de second rang de l’alliance impérialiste dirigée par les États-Unis. Toutefois, il n’a pas toujours été le plus enthousiaste à l’idée de participer aux escapades militaires menées par les États-Unis. Dans les années 1980, le premier ministre de l’époque, Brian Mulroney, a refusé de s’associer au programme de défense antimissile de Ronald Reagan. Puis, en 2005, le gouvernement libéral de Paul Martin a choisi de ne pas adhérer officiellement au programme initial de défense antimissile balistique.
Cette attitude n’était pas due à quelconques convictions anti-impérialistes de Mulroney ou de Martin, mais à une opposition généralisée de la classe ouvrière. Dans les années 1980, des manifestations de masse ont été organisées pour s’opposer à la course aux armements entre l’URSS et les États-Unis. En 2005, un mouvement anti-guerre de masse s’est développé contre l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. L’opinion publique était opposée à ce que le Canada soutienne le militarisme américain.
Par conséquent, le fait d’adhérer officiellement à la défense antimissile balistique constitue un énorme revirement en matière de politique étrangère. Et il convient de noter que cela se fait sous la houlette d’un président américain qui, au cours des derniers mois, a parlé de plans visant à « anéantir » l’Iran. Il a même évoqué avec enthousiasme la possibilité d’une « course aux armements » entre les États-Unis et leurs rivaux.
Participer à ce projet de défense signifiera probablement accueillir des sites de lancement de missiles américains (ce que les médias et la hiérarchie militaire du Canada appellent poliment des « intercepteurs ») sur le sol canadien ou des systèmes radars pour guider les frappes potentielles.
Mais la classe dirigeante canadienne ne peut plus se permettre de rester sur la touche. Les relations mondiales se redessinent, de nouveaux blocs impérialistes se forment et de nouvelles puissances, comme la Chine et la Russie, s’affirment de plus en plus, ce qui entraîne une multiplication des guerres et des guerres par procuration. Une nouvelle course aux armements, y compris une nouvelle course aux armements nucléaires, progresse rapidement. Les capitalistes canadiens ne veulent pas être abandonnés à leur sort.
C’est pourquoi, alors que la classe dirigeante canadienne joue les gros bras en matière de commerce, elle se recroqueville entre les jambes des États-Unis lorsqu’il s’agit de questions de défense. Historiquement, elle a profité de son statut de complice de second rang du plus grand gangster de la planète, et elle ne veut pas que cela s’arrête.
C’est également la raison pour laquelle la classe dirigeante fait pression sur le gouvernement canadien pour qu’il atteigne l’objectif de dépenses militaires de 2% du PIB fixé par l’OTAN.
La classe ouvrière n’a aucun intérêt dans cette course impérialiste aux armements. C’est nous qui devrons payer pour ces armes, par le biais de privatisations, de coupes dans les services sociaux et de licenciements dans le secteur public.
C’est pourquoi les communistes disent :
Des bouquins, pas des bombes!
De l’argent pour la santé, pas pour tuer!
À bas les semeurs de guerre!