Crédit : Mario Beauregard / Agence QMI

Au début de l’année, la GRC a envahi le territoire des Wet’suwet’en pour démanteler leur point d’accès bloquant la construction d’un oléoduc. Le 19 juillet, les défenseurs des terres Haudenosaunee ont commencé à reprendre pacifiquement leurs terres en bloquant un projet de développement, suite à quoi la police provinciale de l’Ontario les a attaqués. Plus récemment, la violence envers les pêcheurs Mi’kmaq en Nouvelle-Écosse, sous le regard bienveillant de la GRC, a démontré que le racisme contre les peuples autochtones du Canada est bien vivant.

Après des années de déclarations symboliques répétées de la part des politiciens sur la « réconciliation », l’année 2020 a prouvé que la lutte des Autochtones est loin d’être terminée. 

Le racisme contre les peuples autochtones est profondément enraciné au Canada et imprègne toutes ses institutions. Nous l’avons vu au Québec avec la mort de Joyce Echaquan aux mains d’infirmières racistes dans un hôpital de Joliette. Et malgré cela, le gouvernement du Québec ne veut toujours pas admettre qu’il existe un racisme systémique à l’égard des peuples autochtones. 

À la base de tous ces événements se trouve la pauvreté de masse dans les communautés autochtones et le manque d’eau potable, de logements décents et de bons emplois. Les centaines d’années de capitalisme ont été un désastre complet pour les peuples autochtones.

Le mouvement de masse qui a explosé contre le racisme et la violence policière aux États-Unis a également eu ses répercussions au Canada, la commissaire de la GRC ayant été forcée d’admettre que la GRC est systématiquement raciste à l’égard des peuples autochtones. Cependant, si nous pouvons en tirer une leçon, c’est que les gestes vides de sens ne changent absolument rien. En effet, des informations récentes montrent que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) espionne les peuples autochtones et considère les manifestations des Autochtones comme du terrorisme. 

L’imposture de la réconciliation

Nous voyons aujourd’hui à quel point la réconciliation est une imposture totale. Les déclarations sur le prétendu dialogue « de nation à nation » ne sont qu’un écran de fumée cachant la violation continue des droits des Autochtones et la brutalisation de quiconque se trouve dans le chemin du capitalisme canadien. Le fait que le gouvernement de la Colombie-Britannique a enchâssé dans sa loi les principes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones n’a rien changé lorsqu’a éclaté le conflit avec les Wet’suwet’en. 

Sous le capitalisme, les droits et le mode de vie des peuples autochtones seront toujours piétinés pour satisfaire la recherche inarrêtable de profits. Le fait est qu’une grande entreprise se trouve au coeur de chaque grande lutte autochtone. Chaque fois qu’un conflit survient, les politiciens sortent des déclarations insignifiantes pour essayer de nous tromper, puis les institutions de l’État continuent la répression comme si de rien n’était. 

Mais tout n’est pas perdu. Ces luttes ont donné lieu à des actions de solidarité de masse dans tout le pays. C’est précisément ce qui inquiète la GRC et la classe dirigeante canadienne. En fait, la GRC a souligné le danger potentiel de ce qu’elle appelle la « convergence ». Et nous pouvons constater cette tendance à la convergence avec les rassemblements de solidarité de masse et les diverses déclarations d’appui venant des syndicats. Mais les déclarations ne suffisent pas. Le mouvement ouvrier devrait activement montrer sa solidarité, par des manifestations de masse, et en venant en renfort sur les piquets et blocages érigés par les Autochtones en lutte.

La nécessité d’une révolution

Le fait que cette nouvelle résurgence de la lutte autochtone se produise au milieu de la plus grande crise de l’histoire du système capitaliste ne devrait pas surprendre. Nous vivons précisément dans une époque révolutionnaire. Le système capitaliste est en déclin depuis des années et se montre de plus en plus incapable de faire avancer la société. Toutes les couches de la société sont touchées. Des millions de personnes ont été jetées dans un état de précarité et les choses ne feront qu’empirer. 

Nous devons nous débarrasser des parasites capitalistes qui enfreignent constamment les droits des Autochtones, s’attaquent aux conditions de vie de la classe ouvrière dans son ensemble, et fomentent le racisme contre les Autochtones – tout cela au nom du profit. Comme l’a dit le marxiste autochtone Howard Adams : « Dans ma jeunesse, je n’ai jamais résolu le casse-tête du racisme au travail, mais aujourd’hui il est clair pour moi que le racisme est le produit de l’économie. » Pour vaincre le racisme, nous devons lutter contre le système économique qui l’engendre et qui s’appuie sur lui.

Ce dont nous avons besoin, c’est de lutter pour une convergence du mouvement ouvrier et du mouvement autochtone contre le système capitaliste lui-même. C’est précisément ce pour quoi les marxistes de Fightback/La Riposte socialiste se battent! Nous participons activement aux mouvements de solidarité avec la lutte autochtone et fournissons une analyse marxiste régulière de ces luttes. 

Considérant la nature de notre époque et l’intérêt renouvelé envers les idées révolutionnaires au sein du mouvement autochtone et dans la classe ouvrière en général, il n’y a jamais eu de meilleur moment pour défendre cette perspective. Dans cette optique, nous venons de publier une analyse approfondie La lutte des Autochtones et la lutte pour le socialisme (disponible en français sous peu) que vous pouvez obtenir sous forme de brochure sur notre site web.

Nous en appelons à vous pour rejoindre notre lutte contre le capitalisme en vue de la libération véritable de tous les peuples opprimés. Révolution, et non réconciliation!